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A force d'observer toujours les mêmes échecs ou les mêmes réussites nous avons naturellement pu commencer une théorisation des processus intimes qui nous habitent. En particulier nous avons pu approfondir l'hypothèse de la nature cyclique de l'organisation de la vie intérieure humaine que l'on pourrait résumer ainsi : l'homme semble régi par l'activité complexe de deux cycles, le cycle traumatique et le cycle Transformé.
Le premier serait le lieu du dialogue avec notre petitesse, alors que le deuxième contiendrait, lui, un dialogue possible avec notre grandeur pour peu que nous apprenions à l'entendre et à l'utiliser.
Définitions des deux cycles comportementaux
- La définition centrale du cycle traumatique pourrait s'énoncer ainsi : ce que je me contente d'être. Il conviendrait de décliner cette première définition dans plusieurs directions de sens : ce que je me contente d'être, fidèle à mon passé ; ce que je me contente d'être, conforme à mon traumatisme périnatal et à tous mes traumatismes secondaires ; ce que je me contente d'être quand seulement avec mes douleurs je parviens à être quelqu'un ! C'est-à-dire ce que je me contente d'être avec mes souffrances, au point de prendre ces souffrances pour la réalité du monde.
A cause du cycle traumatique, chacun de nous à chaque instant recherche un tout petit « j'ai mal » pour avoir le sentiment d'exister. A cause du cycle traumatique, chacun de nous vit successivement quatre temps cycliques comportementaux déterminant les quatre points cardinaux de notre personnalité.
Il faut cependant comprendre que le cycle traumatique est aussi une chance pour l'espèce humaine, et que cette imperfection originelle - que d'autres appellent le péché originel - est une évolution des performances de la vie sur terre. Certes le cycle traumatique est producteur en permanence de douleurs « fraîches », mais ce besoin de souffrir constamment renouvelé est nécessaire pour que nous puissions percevoir le monde extérieur et nous percevoir nous-même.
Grâce au cycle traumatique nous ressentons le monde au-dehors et notre personne au-dedans inscrits dans l'espace et le temps.
- La définition centrale du cycle Transformé pourrait s'énoncer ainsi : ce que je pourrais être. Là aussi il s'agit de décliner cette première définition pour en percevoir mieux toute la profondeur. Ainsi le cycle Transformé suggérerait : ce que je pourrais être, libre de mon passé ; ce que je pourrais être, si j'avais découvert le secret de mes traumatismes au point d'apprendre à profiter de mon histoire au lieu de continuer à l'endurer ; ce que je pourrais être, si j'essayais d'être remarquable avec mon bonheur plutôt qu'avec mes malheurs.
Grâce au cycle Transformé, chacun de nous pourrait quitter le boiteux grimaçant pour rejoindre le boiteux souriant. Grâce au cycle Transformé, un « je suis bien » de chaque instant suffirait pour avoir le sentiment d'exister.
Grâce au cycle Transformé, nous pourrions vivre un cycle à quatre temps déterminant les quatre points cardinaux de notre Individualité.
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